J’AI L’HONNEUR, Mme STAGEOCRATIE

« J’ai l’honneur, tu as l’honneur, nous avons l’honneur ». Voici toute une conjugaison qui en dit long sur la quête de stage aujourd’hui. Aucun courrier, aucune lettre de motivation ne peut échapper à cette précieuse expression : « J’ai l’honneur ». Nous aurons beau avoir l’honneur de trouver un stage. Mais tout le monde, même le nouveau-né pleurnichant à la maternité du coin, sait comment il est difficile de se trouver ne serait-ce qu’un stage de 3 mois.
Recherche de stage rime avec : achats perpétuels d’enveloppes, de papiers ministres et stylos. Stage rime avec : « va et vient » indéterminés et épuisants dans les bureaux climatisé et à étages.
Stage rime avec : salut M. les bus et les wôrô-wôrô. Sans oublier vous, cabines téléphoniques ou de transferts.
Le stage n’est plus une période de pratique professionnelle ni le perfectionnement des acquis dans une entreprise pour la rédaction de mémoires ou de rapports. Il est devenu plutôt un véritable casse-tête, un périple pour les stagiaires après l’avoir obtenu. Parce que confrontés à d’énormes difficultés tant au niveau des employeurs que celui des employés de l’entreprise.
Au lieu d’apprendre au stagiaire les brèches du métier. Il devient M. ou Mlle à tout faire. Photocopies, impressions, coursier, espionnage. Voici ses principales tâches. Depuis quand le café, l’achat de bananes braisées, de garbas font partie de la formation du stagiaire ? Le stagiaire effectue tout le boulot, veille quelque fois.
Attention ! Vous n’êtes pas à l’abri des injures. Si vous êtes une fille : Bonjour harcèlements sexuels, au revoir vie professionnelle et dignité.
Conséquence : renvoi après 3 à 6 mois voire un an de stage. Pas d’embauche. Pas d’emploi. A la fin, vous êtes sanctionné par un diplôme de remerciement polie avec un message spécial de l’entreprise : « Nous apprécions votre rendement mais faute de places, nous sommes désolé de ne pouvoir pas vous embaucher ». Mais jamais désolé de ne pas vous avoir utilisé ou exploité.
Ah la stageocratie, quand nous délivrera-tu de ces stages sempiternels et perpétuels. Le chômage nous guette à l’horizon. Son collimateur est activé.
Mais en attendant, c’est l’expression « J’ai l’honneur » qui nous réconfortera et nous restera toujours fidèle.

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